Le Gravillon, modeste qu’il est, ne peut que s’incliner devant la stature impressionnante du pavé. Il s’exprime avec déférence en cette journée qui va mettre aux prises, sur un parcours de plus 250 kilomètres, des coureurs entrant soudainement dans la légende. Classique parmi les classiques, Paris-Roubaix va rendre un verdict implacable, obligeant ses condamnés à se soumettre, en ce dimanche 10 avril 2016, à la sentence de 27 secteurs et 52,8 kilomètres de pavés. Une route jalonnée de souffrance. Une épreuve constellée de gloire.

Paris-Roubaix 2016

Des mots qui résonnent parmi les ornières et les exclamations lorsque les auteurs rendent hommage aux maîtres des tranchées cyclistes :  » De Vlaeminck est maître des pavés posés en vrac exprès, le Néron d’une Apocalypse pour de faux. C’est un joueur, virtuose et beau gars dans l’Enfer imité de Dante et des satanistes médiévaux. Les joues gouachées de boue, il fait le coquet; le corps rayé d’un lisier recueilli au Carrefour de l’Arbre, il se regarde pédaler. La souillure des éléments lui fait un habit entre marron et brun. »