MORCEAU CHOISI #69 : MAGAZINE 200 – MARS-AVRIL 2026 – « VOYAGE EN RENAISSANCE »
Guillaume Boncoeur 11 mars 2026Avoir la chance d’accéder au meilleur de la presse cycliste et partager un extrait qui a retenu l’attention : telle est l’intention de cette rubrique de Gravillon baptisée « Morceau choisi ».
Nouvel invité de cette série d’articles qui rend hommage à l’écrit, à l’encre et au papier : le magazine 200 dans sa déclinaison mars-avril 2026.
Vincent Claudel partage sa « traversée » dans le magazine 200. Un voyage de 4 000 kilomètres pour faire le deuil. Trois mois à rouler à travers la Hongrie, la Roumanie, la Bulgarie, la Grèce, la Turquie, avec comme objectif le Liban et Beyrouth. Un périple pour se retrouver quand la vie a essayé de vous disperser, vous égarer, vous accabler.
Bouleversement
Je n’avais jamais fait 4 000 km à vélo avant l’automne 2023, et je n’avais jamais écrit pour un magazine.
Retour en arrière : nous sommes le 21 juillet 2023, à Bâle, en Suisse. Après des années à essayer d’avoir un enfant, ma femme et moi sommes dévastés. Notre beau projet ne verra pas le jour, après une énième fausse couche, à quatre mois de grossesse. Le petit miracle attendu ne viendra pas. Des années de FIV et de PMA pour rien, ou presque. Même pas une plaque, juste un endroit de recueillement pour cet espoir déchu. Notre ténacité et notre optimisme ont été balayés en trois jours de doutes et de douleurs. Quand la chance et le destin nous échappent… Nous nous sentons impuissants face aux montagnes russes de la vie. Il nous faudra du temps pour nous relever, pour oublier.
J’ai 43 ans, je suis père de deux enfants nés d’une première union. J’aime Aude passionnément, tout comme la vie en général. Ce coup est rude, très rude. Un mois auparavant, en juin, j’ai annoncé à Aude que je souhaitais partir à vélo pendant sa grossesse. Je reviendrai en novembre, quand elle sera à la maison en arrêt à sept mois de grossesse. Je lui promets que tout ira bien, que tout roulera. Un rêve de gosse… ou d’adulte vieillissant. Elle comprend et ne me souhaite que du bonheur.
En août, et après notre drame, je décide tout de même de partir. Le voyage avait été planifié, la motivation était intacte, bien que différente. Et si ce voyage décidé sans motif particulier, comme une lubie d’enfant gâté, prenait soudain tout son sens ?
Je trouve un vélo à dix kilomètres de chez moi, quasi-neuf, avec 3 000 km au compteur. Je déniche tout l’équipement d’occasion, je parcours des forums, j’achète des guides et des magazines, je me documente. Je me prépare et choisis une destination : ce sera le Liban. Je voulais aller vers le sud, traverser des pays musulmans, découvrir d’autres cultures, explorer des lieux insolites. L’horizon du Levant s’impose — via la Hongrie, la Roumanie, la Bulgarie, la Grèce, la Turquie. Départ de Budapest. « Budapest – Beyrouth », ça sonne bien. Vodka – houmous. C’est vendu !
Je fais la rentrée scolaire des enfants, et trois jours plus tard je prends un bus pour la Hongrie. Strasbourg-Budapest en Flixbus de nuit. J’arrive à destination à 5 heures du matin. J’y suis, sans encore le réaliser pleinement.
La suite de ce texte « Voyage en renaissance », écrit par Vincent Claudel, dans le nouveau numéro de 200.
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