SEMANA SANTA
Nicolas Fritsch 5 mai 2023En ouverture d’une saison d’ores et déjà empreinte de célébrations et d’émotions, 2023 marquant les dix ans d’existence de Gravillon, Nicolas Fritsch et son fidèle camarade d’aventure ont remis la machine en route au printemps après une année 2022 forte en ascensions et traversées épiques. Il raconte trois jours d’une vie cycliste au Pays Basque, dans la tourmente des dénivelés et la ferveur de la semaine sainte.

Egunez #1
L’hiver a fait son œuvre, les organismes se sont alourdis, la flemme a gagné. Plonger dans la Nive pour une séance de cryolipolyse (longue mise sous froid) serait bénéfique mais attaquer ce week-end pascal aux monts et collines reverdies du Pays Basque semble être une solution plus joyeuse et attirante. Ahetze sera notre camp de base pour retrouver nos marques, dégripper la machine, lever le rideau sur cette région qui mélange la rudesse et la douceur.
Après quatre ennuyeuses heures d’autoroute, un tour échauffement s’impose vers Itxassou. Il faut retrouver ses marques et les chemins les moins empruntés par nos voisins motorisés. À l’économie, nous feignons de ne pas ressentir le dureté des premiers combats avec l’armée des pentes qui s’occupent vigoureusement de nos fortifications adipeuses. Les premières chaleurs printanières ajoutent une difficulté à nos rythmes désordonnés. S’époumoner, souffler, respirer… s’adapter, régler, lâcher dix mètres, monter sur le 32 et comme dit souvent un compagnon d’efforts : « Rester digne ! »
© Nicolas Fritsch
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Egunez #2
La fraîcheur matinale du lendemain nous incite à passer la frontière en pleine « Semana Santa ». Le fameux col d’Otsondo, tel une vigie entre deux cultures, calme rapidement les ardeurs des plus impétueux et le soleil d’Espagne se mérite, à l’heure où les climatologues avisés voudraient qu’on s’en abrite. La forêt protectrice n’annule en rien les dénivelés passant les 10% par endroits. J’ai dû promettre une halte gustative dans la Navarre rurale à mon coéquipier pour l’inciter à avancer telle une mule récalcitrante.
La ville d’Elizondo est pour une fois animée d’un enthousiasme festif que je n’avais jamais soupçonné au cours de mes trois excursions précédentes en ces terres de l’autre côté. Le patron du Karrika Bar, sorti prendre le pouls de sa terrasse, cible nos silhouettes assoiffées et, apostrophés d’un jovial « Para comer ? », nous prenons docilement place chez le tenancier. La commande est passée en 30 secondes, chipirones, croquetas et tortilla de patata accompagnent une « cañon ». Une pinte de 40 cl, c’est plus raisonnable. Entre ombres et lumière, le retour vers le camp de base est plus serein, les jambes s’accoutument.
© Nicolas Fritsch
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© Nicolas Fritsch
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Egunez #3
Après concertation, nous écartons de nos parcours les routes les plus fréquentées et cela nous amène à devoir affronter des toboggans ascensionnels entre 13 et 19%. Les 1700 mètres de dénivelé de la veille n’ont pas entamé notre envie d’accomplir cette préparation pour notre imminente sortie annuelle qui se déroulera sur les terres du Tourmalet. Nous trouvons le moyen de nous perdre en espérant dénicher une route fantôme pour un mont et après avoir emprunté par deux fois une pente à 22%, je dois céder, sans résistance.
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