LES RÉCITS DE THE RADAVIST #38 : SINGLESPEED ARIZONA 2026
Henri Aubisque 27 mars 2026À l’instar du partenariat mené avec The Spoken depuis de nombreuses années, The Radavist a le droit de cité sur Gravillon, nous ouvrant chaque mois de nouveaux horizons cyclistes à travers le monde, sur des terrains inédits, aux commandes de machines aux guidons droits ou cintrés, sur le bitume parfois et le gravier souvent.
Les récits de The Radavist #38 : Singlespeed Arizona 2026
[Par Kyle Klain]
Kyle Klain nous livre un récit de l’édition 2026 du Singlespeed Arizona organisée en début d’année à Tumacacori, en Arizona. Sous l’œil vigilant d’un ballon-sonde, le SSAZ26, d’ordinaire chaotique, s’est déroulée paisiblement, offrant un aperçu d’un univers parallèle joyeux, échappant à toute surveillance, monétisation ou perturbation. Laissez-vous porter…

Nous nous sommes retrouvés dans un vieux bar portant le nom de Abe’s Old Tumacacori. Il est toujours là, malgré toutes les raisons de penser qu’il n’existe plus. D’une certaine manière, c’est comme un voyage dans le temps. Une famille le tient depuis toujours, les plafonds sont recouverts d’une sorte de chaume, et la vieille cheminée en pierre et en ciment est imprégnée de créosote depuis des décennies. Le bar aurait autrefois accueilli Pancho Villa, si l’on en croit une histoire qui perdure, et que personne ne prend jamais la peine de réfuter. Il se trouve à une trentaine de kilomètres au nord du poste frontière de Nogales, sur l’ancienne route 89.

À l’intérieur, le juke-box diffuse en boucle de vieux classiques country, crachant du fond de la pièce cette chanson mélancolique sur le chagrin, le labeur et l’Amérique désenchantée. Dehors, avec vue sur l’autoroute, un morceau de métal mal enregistré s’échappe à plein volume d’un haut-parleur sous-dimensionné. Les deux sons coexistent harmonieusement, d’une manière ou d’une autre. Des hommes au teint hâlé, vêtus de chemises Carhartt et de bottes usées, brandissent leurs queues de billard, sirotent leurs bières et demandent au barman ce qui se passait dehors.
Des barils remplis de branches de mesquite brûlent pour se protéger de la fraîcheur de la nuit du désert, leurs braises s’élevant sans effort vers le ciel. Au-dessus de nos têtes, très haut dans le ciel, une forme blanche flotte, menaçante.
Un ballon de surveillance. Ou, pour employer un terme moins inquiétant, un aérostat, plane au-dessus des montagnes, au-dessus de l’autoroute. Il reste immobile, retenu par ses câbles, observant, même lorsque rien d’intéressant ne mérite d’être enregistré. Un œil blanc, haut dans le ciel, blasé et immobile. Personne n’en parle vraiment.
[…]

Adossés aux vieux peupliers, des vélos de toutes époques et de toutes formes s’entassent les uns après les autres. Dans un monde où l’urgence règne, ces vélos singlespeed offrent peu de raccourcis. Un seul rapport qui impose son propre rythme. Un seul rapport, une seule décision, prise bien avant même de commencer à pédaler. Une façon de faire du vélo qui rejette l’optimisation, qui fait en sorte que rien ne paraisse jamais trop difficile trop longtemps.
Cette nuit-là, le grondement incessant de l’autoroute a été omniprésent. Les gens pressés d’aller nulle part, vite. Non loin de là, un feu de joie résonne de rires et d’acclamations.

La suite du récit en anglais :

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