LES RÉCITS DE THE RADAVIST #42 : BIKEPACKING EN CORÉE
Henri Aubisque 31 juillet 2026À l’instar du partenariat mené avec The Spoken depuis de nombreuses années, The Radavist a le droit de cité sur Gravillon, nous ouvrant chaque mois de nouveaux horizons cyclistes à travers le monde, sur des terrains inédits, aux commandes de machines aux guidons droits ou cintrés, sur le bitume parfois et le gravier souvent.
Les récits de The Radavist #42 : Bikepacking en Corée
[Par Gene Park & Matt Miller]
Un Américain d’origine coréenne retourne sur la terre que ses parents ont quittée, accompagné d’un vélo, de cinq amis et d’un itinéraire tissé de cols, de routes côtières et d’histoires familiales. Gene Park raconte un voyage à travers les rivières, les chaînes de montagnes et les rythmes de la Corée, et, finalement, une rencontre intime avec ses racines et son héritage…

Mes parents ont suivi leur instinct et sont installés à Los Angeles dans les années 1970. Ils ont ensuite suivi leur cœur jusqu’à la côte Est, où je suis né, premier Américain de notre famille, dans le magnifique État du Maryland. J’ai grandi à Silver Spring, une ville où j’ai eu la chance de côtoyer une population et des idées très diverses, à proximité de la capitale intellectuelle qu’est Washington.
Je n’ai pas été immergé dans la culture asiatique. Mes parents n’avaient pas beaucoup de compatriotes asiatiques, et mon entourage reflétait leur éducation. Au fil de ma vie, j’ai exploré de nombreuses régions des États-Unis, fier d’être Américain. Pourtant, une curiosité m’habitait toujours : le désir de voir mes terres natales. Sur un coup de tête, j’ai proposé un projet de voyage à quelques amis. En une semaine, nous étions six à avoir nos billets d’avion. Ce qui est né d’une simple idée – revoir ma terre natale – s’est transformé en un voyage à travers montagnes et mers, accompagné de compagnons que je suis fier d’avoir comme camarades.

À la découverte de Séoul
Notre groupe est arrivé à Séoul sans encombre : un vol tranquille et aucun vélo perdu en chemin. Après une nuit de repos, nous avons rassemblé nos vélos et pris la route.
L’Office du tourisme coréen promeut la piste cyclable des Quatre Rivières, un impressionnant réseau de pistes et de routes rurales reliant Séoul à Busan, traversant le centre du pays. Accessible et très appréciée des cyclistes internationaux, elle est cependant loin d’être linéaire.
En 2016, j’ai passé trois ans sur les routes, explorant les rivières, les montagnes et les forêts d’Amérique du Nord. De retour à Santa Cruz, en Californie, je me suis retrouvé parmi une poignée de cyclistes passionnés, déterminés et enthousiastes. Ils m’ont pris sous leur aile (ou plutôt leurs griffes) et m’ont initié à de longues journées d’exploration à vélo : ascensions de cols, descentes vertigineuses sur des sentiers forestiers étroits et retours à toute allure sur les routes côtières. J’ai conçu notre itinéraire de voyage pour qu’il reflète ces éléments que nous aimions tous : de longues journées en montagne et sur la côte.

En quittant Séoul par les pistes cyclables longeant le fleuve Han, nous avons eu la chance de croiser de nombreux cyclistes partageant la même passion : des pelotons de cyclistes en lycra se détachant sur la silhouette de la ville. Aux abords de la métropole, un spectacle omniprésent, que l’on retrouverait partout dans le pays : des rangées de fermes nichées dans chaque recoin du paysage. Des cours et épiceries aux terrains agricoles à l’ombre des gratte-ciel, ce paysage rappelait que cette société historiquement agricole n’a engagé sa modernisation qu’à partir des années 1970.
Après cette première journée à vélo, nous avons rejoint Chuncheon, ville blottie au pied des lacs de la chaîne montagneuse du Taebek, dans l’est de la Corée, où nous avons reçu notre première leçon culturelle. Le critère de l’hôtel pour la location de chambres allait se répéter tout au long du voyage : « Êtes-vous tous mariés ? Sinon, nous ne pouvons pas louer de chambres mixtes.» Après quelques concessions à la vérité, nous avons été autorisés à rester.
Nous nous sommes installés pour notre premier repas coréen, qui suivait le format classique d’un grand plat à partager (généralement une protéine ou un légume en grande quantité), accompagné de salade ou de périlla, et d’un assortiment de tapas (banchan) maison servis avec du riz. Ces banchan sont généralement des légumes marinés ou en conserve (comme le kimchi ou le kkakdugi de radis), ainsi que d’autres mets traditionnels tels que des anchois, la gelée de glands ou des spécialités régionales. Découvrir les banchan proposés par un restaurant reste un plaisir.

La suite du récit en anglais :

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