MORCEAU CHOISI #74 : MAGAZINE 200 – SEPTEMBRE-OCTOBRE 2026 – « LA LONGUE ROUTE DE SABLE »
Guillaume Boncoeur 10 septembre 2026Avoir la chance d’accéder au meilleur de la presse cycliste et partager un extrait qui a retenu l’attention : telle est l’intention de cette rubrique de Gravillon baptisée « Morceau choisi ».
Nouvel invité de cette série d’articles qui rend hommage à l’écrit, à l’encre et au papier : le magazine 200 dans sa déclinaison septembre-octobre 2026.
Suivre fiévreusement le fil de la route comme on dévore les pages d’un livre passionnant. C’est l’aventure dans laquelle François Paoletti, accompagné de Matthieu Lifschitz et Clément Cangiano, s’est lancé pendant l’été 2026. Il a repris à son compte l’itinéraire de Pier Paolo Pasolini qui, durant la belle saison 1959, a contourné l’Italie par ses stations balnéaires et plages peuplées. 1 200 kilomètres de vélo, d’éclats de voix et de klaxons.
L’enfer
À Naples, c’est nous qui voyons venir l’orage. Près de la place Garibaldi, la fébrilité gagne les étals et les vendeurs de contrefaçons. Nous nous réfugions dans un bar de la place Dante, pour regarder le ciel tomber. Quatre mois qu’il n’avait pas plu, dit l’un des garçons.
Nous avons préféré dormir, pendant que Pasolini s’offre une nuit blanche, vers le petit port et le château, parmi les ragazzi qui traînent, mendient, draguent, ou un peu tout en même temps. Au réveil, nous l’avons laissé s’embarquer seul vers Ischia, puis Capri, où il retrouve un vacancier célèbre, Luchino Visconti.
Je me réjouissais de voir Sorrente, Positano ou Amalfi. La route en belvédère et le spectacle du Vésuve valent à eux seuls le voyage. Pasolini reprend à son compte le jugement de Boccace. L’écrivain du Moyen Âge désignait la côte amalfitaine comme la plus belle. Elle l’est. Et à la fois l’enfer de Dante, avec des touristes et des touristes encore, beaucoup d’Américains, une armée de vans pour les transporter, des scooters de location par nuées, des parkings pour les garer, le rugissement des motos, les embouteillages, les bus qui peuvent à peine se croiser, les enfilades de boutiques, les milliers de citrons dessinés sur des tee-shirts, robes, sacs, serviettes, plats en porcelaine et toutes sortes d’objets.
La suite de ce texte « La longue route de sable », écrit par François Paoletti, dans le nouveau numéro de 200.
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