LES RÉCITS DE THE RADAVIST #44 : QUATRE GARÇONS DANS LES ALPES FRANÇAISES DANS LA CANICULE
Guillaume Boncoeur 30 septembre 2026À l’instar du partenariat mené avec The Spoken depuis de nombreuses années, The Radavist a le droit de cité sur Gravillon, nous ouvrant chaque mois de nouveaux horizons cyclistes à travers le monde, sur des terrains inédits, aux commandes de machines aux guidons droits ou cintrés, sur le bitume parfois et le gravier souvent.
Les récits de The Radavist #44 : Quatre garçons dans les Alpes françaises dans la canicule
[Par Jake Stangel]
En juin dernier, le photographe de San Francisco Jake Stangel a rejoint trois de ses amis pour une traversée des Alpes françaises à vélo, en autonomie, qui a duré huit jours. Plutôt que de livrer un énième récit anecdotique de leur itinéraire, Jake explore le cheminement de ses pensées de photographe durant ce périple, en quête de l’intimité, de l’épuisement et de ces petits instants suspendus qui ont donné toute sa substance au voyage.

Pour commencer, ces voyages sont absurdes. Je n’arrêtais pas de me le répéter en poussant mon vélo dans des montagnes qu’il aurait été plus simple et plus élégant de contourner. En pédalant dans les côtes à une allure si lente qu’une mouche venait se poser — et se reposer, et se reposer encore — sur mes joues et mon nez, échappant immanquablement à mes gestes pour la chasser. Et j’y pensais tout particulièrement lorsque chaque centimètre carré de ma peau ruisselait de sueur, dans l’air chaud et stagnant d’une cabane de toilettes sèches au bord de la route, alors que mon corps en avait assez de tout, ou presque.

John m’a demandé si je voulais écrire quelque chose sur le voyage de cet été, alors que l’article consacré à celui de l’année dernière s’achevait sur ces mots : « Peut-être n’y a-t-il plus grand-chose à dire, après tout. » Cette phrase me trotte dans la tête depuis quelques jours. Les longs voyages d’envergure — que l’on parte en solo ou en groupe — laissent souvent une impression de vide. Comment résumer une expérience aussi longue et intense à quelqu’un qui n’y a pas pris part ? Il est si facile d’en faire un récit de deux minutes au cours d’un repas, du genre : « C’était dur, mais on a passé de super moments.C’était vraiment magnifique et incroyable », avant que chacun ne reprenne le cours de sa vie. Il ne reste plus rien à dire. Alors, je prends des photos pour combler les manques.

Pour situer le contexte, trois de mes meilleurs amis et moi avons effectué une randonnée à vélo en autonomie de huit jours dans les Alpes françaises, en juin, en suivant un itinéraire dans le sens des aiguilles d’une montre. Le tout en pleine canicule — un épisode qui est depuis resté tristement célèbre. Notre groupe se composait d’un infirmier (Ross), d’un médecin (Christian), d’un designer (Ed) et d’un photographe (moi). Je me sens très en sécurité lors de ces sorties. Collectivement, nous disposons d’une solide expertise médicale et sommes également capables de trouver une solution créative à n’importe quel problème. La plupart d’entre nous se connaissent depuis une dizaine d’années, et c’était notre quatrième été de bikepacking en groupe. Nous avons trouvé notre rythme de croisière. Nos journées cumulaient généralement entre 1 800 et 2 400 mètres de dénivelé positif sur une distance de 65 à 95 kilomètres, principalement hors route. C’était éprouvant, mais généralement très plaisant.

La suite du récit en anglais :

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