LES RÉCITS DE THE RADAVIST #41 : NORTH LONDON DIRT 2026
Henri Aubisque 1 juillet 2026À l’instar du partenariat mené avec The Spoken depuis de nombreuses années, The Radavist a le droit de cité sur Gravillon, nous ouvrant chaque mois de nouveaux horizons cyclistes à travers le monde, sur des terrains inédits, aux commandes de machines aux guidons droits ou cintrés, sur le bitume parfois et le gravier souvent.
Les récits de The Radavist #41 : North London Dirt 2026
[Par Mike Rose]
Un vététiste pur et dur – mordu de descente et nullement attiré par les longues distances – s’est retrouvé, on ne sait trop comment, sur la ligne de départ pour parcourir plus de 100 km de chemins de terre, au cœur de l’une des plus anciennes villes du monde. Mike Rose nous emmène à l’édition 2026 du North London Dirt. Rejoignez l’aventure…

Pour être honnête, l’idée de parcourir plus de 100 km à vélo me semblait insurmontable. Je comprends tout à fait que, pour beaucoup de lecteurs, cette distance n’ait rien d’exceptionnel, mais ce n’est tout simplement pas mon truc. Issu du monde du VTT de descente, je n’avais jamais envisagé de parcourir de telles distances. J’avais bien fait une sortie de 80 km sur un vélo de route que j’avais emprunté dans les années 90 avec deux cyclistes semi-pros. Nous avions pédalé jusqu’à un lac magnifique, mais ils ne s’étaient même pas arrêtés pour l’admirer. Ils avaient continué leur route sans se retourner ! Je m’étais alors demandé : quel est l’intérêt ? Avant de rentrer, j’avais été victime d’une fringale monumentale (je ne connaissais même pas ce terme à l’époque). Seule une canette de Coca éventé m’a sauvé la mise. Cette expérience m’a dégoûté des longues sorties à vélo. Ce n’était tout simplement pas mon truc.

Trente ans plus tard, me voilà assis sur le lit de mon Airbnb, en proie à un trac incontrôlable et démesuré, en train d’engloutir du muesli Bircher à 5h30 du matin. Je m’apprête à relever le défi du « North London Dirt » (NLD), une aventure dans laquelle je me suis embarqué un peu malgré moi. Comme Petor Georgallou l’a parfaitement résumé l’an dernier, le NLD est organisé par deux frères, Andrew et Phil Diprose. Si vous fréquentez le milieu cycliste londonien, vous connaissez forcément les frères Diprose. Ce sont probablement deux des personnes les plus sympathiques et les plus cool de la planète vélo. Chaque année, ils tracent le parcours du NLD, et chaque année, il est différent. C’est une véritable leçon de créativité, de discipline et de détermination pour offrir aux cyclistes une expérience exceptionnelle.

En bref, le NLD est une randonnée « gravel » en autonomie qui part du nord-est de Londres pour s’éloigner de la ville et rejoindre la campagne. Le parcours se partage équitablement entre route et hors-piste, empruntant des surfaces, des terrains et des environnements variés. On passe du milieu urbain aux champs et aux bois donnant l’impression d’être « au milieu de nulle part », alternant entre ville et campagne. C’est ce contraste qui rend l’événement si unique. Il convient également de mentionner l’existence d’un parcours « Luxe » de 100 miles (avec un autocollant spécial à la clé pour attester de l’exploit), mais, en toute honnêteté, celui-ci est réservé aux cyclistes les plus aguerris. Tous les bénéfices de l’événement sont reversés au St Mary’s Community Centre, qui soutient des services locaux essentiels tels que la Hackney Food Bank, le Hackney Migrant Centre et le Second Chance Café.
L’engouement de la communauté cycliste londonienne pour le NLD est tel que les inscriptions affichent complet en quelques minutes seulement. Pour cette neuvième édition, 290 cyclistes se sont élancés par une magnifique matinée de mai. Les conditions étaient idéales : temps chaud, ciel dégagé et pistes sèches et rapides.

Pour ce qui est du choix du vélo, il est évident que le gravel s’impose, mais comme je l’ai dit au début, je suis vététiste et je ne possède pas de gravel. Même si j’en avais un, je pense que je l’équiperais d’un poste de pilotage de VTT, car je ne comprends pas l’intérêt des cintres de route. Ils ne me conviennent pas : quand je regarde leurs formes et leurs courbures, je n’y vois que de la confusion. J’étais clairement en minorité sur le NLD. Quelques participants roulaient en VTT (dont un Marin au look très rétro avec des roues de 26 pouces), mais la majorité avait opté pour des gravels. Je dois admettre que c’était l’outil idéal pour l’exercice… tout dépend, bien sûr, de ce que l’on attendait de la sortie. Et comme je n’arrêtais pas de me le répéter — et de le dire à tous ceux qui me posaient la question —, le NLD n’est pas une course, c’est une randonnée.

La suite du récit en anglais :

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